Les automates de trading affolent la Bourse de New York

Les de trading de ont rendu fou mercredi 1er août entre 9h30 et 10h15. 148 sociétés ont été victimes de variations brutales plongeant dans le chaos la de .
Les automates de trading de Knight Capital ont fonctionné de manière totalement irrationnelle faisant perdre au moins 440 millions à la maison de courtage.

Durant 45 minutes, les cotations de 148 sociétés sont devenues totalement irrationnelles, certaines actions comme s’envolaient alors que d’autres comme Harley-Davidson plongeaient. Les actions de Wizzard Software Corporation sont même passées de 3.50 $ à 14.76 $ en quelques minutes.

Le coupable : Knight Capital

Il a fallu plusieurs heures pour comprendre ce qui s’était passé et identifier le coupable : Knight Capital et ses algorithmes de trading.
Knight Capital est une société américaine employant 1500 personnes, spécialisée dans le market-making et le trading électronique et faisant un chiffre d’affaires de 1,4 milliards de dollars.
Les algorithmes de Knight Capital achètent et revendent en permanence des actions pour assurer la liquidité du marché.

Le déroulement de l’incident

Knight Capital s’est expliqué jeudi : «Un problème lié à l’installation d’un logiciel de trading a provoqué l’envoi de milliers d’ordres erronés.»

Selon la société Nanex qui s’était rendu célèbre en enquêtant sur le krach du 6 mai 2010 et qui a tenté d’interpréter les transactions passées par Knight Capital, l’un des automates de trading se serait mis à fonctionner à l’envers: achetant en boucle des titres au prix demandé par les vendeurs (c’est-à-dire au plus haut) et vendant ensuite les actions au prix demandé par les acheteurs (c’est-à-dire au plus bas).

Sur les actions d’une société comme l’électricien , «ceci signifie perdre 0,15 dollar pour chaque transaction; quarante fois par seconde, 2400 fois par minute, ce qui en fait une redoutable machine à brûler les dollars» selon Nanex.

La SEC, l’équivalent de l’ aux Etats-Unis, ainsi que les autres autorités régulant le marché ont finalement décidées d’annuler les transactions réalisées durant le chaos sur 6 des 148 sociétés impactées.
Knight Capital devra payer pour les autres.

La sanction boursière pour Knight Capital

Knight Capital estimait jeudi le coût total de l’incident à 440 millions de dollars, ce qui équivaut à 4 fois le bénéfice réalisé en 2011.

Cet incident fragilise grandement l’entreprise dont les capitaux propres sont grandement entamés. La société Knight Capital a déclarée qu’elle cherchait des options pour se recapitaliser.
En plus de l’impact financier, Knight Capital a perdu la confiance de ses clients, ce qui est majeur pour un acteur aussi important du market-making.

Résultat, les actionnaires de Knight Capital ont lourdement sanctionné cet incident. Le cours de bourse de la société à perdu 32,82 % le 1er aout (jour de l’incident), puis 62,82% supplémentaire jeudi 2 août après l’annonce du coût.
En à peine 2 jours, la valeur d’une action Knight Capital est donc passée de 10,33$ à 2,58$ … avant de connaitre un léger mieux vendredi à 3,72 $.

A qui la faute ?

Les autorités financières étudient également des possibles sanctions supplémentaires car le trading automatique et le sont encadré par de nombreuses règles et contraintes.
Un tel incident dénote de gros dysfonctionnements au niveau des limites de trading appliquées aux automates.

Il existe normalement des limites de trading qui empêchent les automates d’effectuer des transactions si le prix indiqué est trop éloigné de celui de la dernière transaction effectuée sur le marché.
Par exemple : si la dernière transaction effectuée sur le marché pour l’action Barclays a été faites à 10,72$ et qu’un automate tente d’envoyer un ordre d’achat à 1050$, l’ordre sera rejeté et un message avertira un trader qui comprendra rapidement qu’il y a du avoir une erreur dans l’automate ou que le client a oublié la virgule et voulait passer un ordre à 10,50$ (ce qui arrive fréquemment).

On peut également limiter le nombre de transactions, d’ordres effectués dans un certains laps de temps ou le montant des transactions.
Tous ces dispositifs de contrôle sont vérifiés chaque année par les autorités de régulation du marché (AMF, SEC, ) en fonction des marchés sur lesquels traitent les automates de trading.

Il n’y a donc pas simplement eu une erreur logicielle au niveau des automates de trading mais également une faille dans les dispositifs de contrôle de Knight Capital et c’est ce qui est le plus surprenant de la part d’un des principaux acteurs de trading électronique.

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